Cela fait à présent plus de huit mois que j'ai tous les motifs du monde pour te haïr, te detester, te mépriser; ce que je n'ai pas manqué de faire. Mais avec l'expérience et la maturité que l'on acquiert plus ou moins vite, on apprend à relativiser. Cette maturité en question m'a fait comprendre une chose. Je t'en ai voulu, je suis allé jusqu'à souhaiter ta mort pour ne pas admettre que je m'en veux.
Oui, je regrette.
Je regrette d'avoir été trompé, d'avoir cru apercevoir en toi une once de sensibilité, de culture, d'intelligence... et les larmes qui souillaient ton visage plâtré, les livres volés à diverses bibliothèques sur tes étagères m'ont leurré jusqu'au bout.
Je ne t'en veux plus, parce que tu n'es qu'une pauvre fille.
Derrière ta popularité croissante, tu te caches. Tu parles des autres pour ne pas parler de toi, tu méprises les autres pour reporter le mépris que tu te voues, tu te sais fragile, tu sais que ta vie plus qu'une autre ne tient qu'à un fil, mais tu ne l'admets pas, tu veux l'oublier.
Icône publique transpirant faiblesse et avenir compromis lorsque tu étais petite, tu souhaites te venger et te montrer forte...
Les mensonges qui sortent si aisément de ta bouche, avec un naturel inégalable... les récits épiques de batailles, "seule contre tous", d'où tu sors toujours gagnante... Tu essaies de te mentir, mais tu ne peux pas t'illusionner entièrement. Tu connais mieux que tout le monde tes limites, ta vulnérabilité, et sais que quoi que tu fasses, tu es condamnée.
Tu la fuis, mais la réalité te suit.
Je ne t'en veux plus, je te plains.
Non, je ne m'imagine même pas à quel point vivre avec le fardeau que tu portes doit être difficile... mais trouve pitoyable que tu caches ta véritable nature derrière une carapace si hideuse.
Hideuse? Tout le monde n'en pense pas la même chose, mais ta couardise est légendaire! ta médisance aussi...
Ce qui me désole?
Ton manque d'humanité, et ton orgueil proéminent...
Tu avais trouvé risible que je pleure alors que je t'ai vu dans le même état de faiblesse... Ma pauvre petite chose, je ne te hais plus, tu me désoles...
Ce que tu cherches à fuir s'est reproduit une fois encore.. :
Tu es née pour inspirer la commisération et attirer sur toi la sympathie de ceux qui ne souhaiteraient pour rien au monde prendre ta place.